Pierre Kwenders : vedette montréalaise au son afro-électro et 5 musiciens qui l’ont inspiré

février 03 2015

Né José Louis Modabi à Kinshasa, capitale et plus grande ville de la République démocratique du Congo, ce musicien maintenant connu sous le pseudonyme Pierre Kwenders a immigré à Montréal alors qu’il avait 16 ans. À peine dix ans plus tard, il est l’une des étoiles montantes de cette ville et lui attribue le mérite de l’avoir exposé à une grande diversité de sons.

« Si ce n’est la quantité de neige, Montréal n’est pas loin d’être la ville parfaite, affirme Pierre Kwenders à Musique TD. C’est assurément grâce à elle que j’ai pu être exposé à différents styles de musique, et on peut l’entendre dans mes chansons. Une peut être d’inspiration folk et la suivante, deep house. Cette diversité est merveilleuse pour un musicien. »

Au cours des dernières années, Pierre Kwenders est devenu un membre en vue de la vibrante communauté musicale de Montréal. Il fait partie du collectif rap-électro-soul DIFA (Doing It for Art), fait tourner les pistes en tant que DJ un peu partout dans la ville et collabore avec une variété d’artistes locaux, dont bon nombre ont contribué à son premier album, intitulé Le Dernier Empereur Bantou.

Sorti en octobre dernier sous l’étiquette montréalaise Bonsound, Le Dernier Empereur Bantou est un mélange fort accrocheur de rythmes, de mélodies et de styles vocaux qui s’est retrouvé en nomination pour un prix JUNO 2015 dans la catégorie Album de musique du monde de l'année (commandité par le Conseil des arts du Canada).

Pierre Kwenders y chante en plusieurs langues – en français, en anglais, en lingala, en kikongo et en tschiluba – sur un son afro-électro moderne influencé tant par son amour de la rumba congolaise que son amour pour le disco sud-africain et la musique populaire des années 1980.

Peu importe la langue ou le rythme, les messages de Pierre Kwenders sont compris de tous.

« Ce qui importe pour moi lorsque les gens écoutent ma musique, sans vouloir paraître cliché, est qu’ils ressentent que tout est à leur portée, explique le musicien. Nous sommes libres d’imaginer un univers sans limite, tant sur le plan linguistique que stylistique. La clé, c’est de demeurer authentique. »


Thumb pierre kwenders other jpg

Pierre Kwenders réfute aussi tous les stéréotypes qui persistent à propos de son continent natal.

« Ce que de nombreux médias disent et montrent souvent de l’Afrique est loin de la réalité, souligne-t-il. Les jeunes Africains écoutent du Kendrick Lamar et du ASAP Rocky. Ils gazouillent, et vous les trouverez sur Instagram. Lorsque j’affirme être un “représentant de l’Afrique moderne”, j’essaie surtout de changer l’idée que se font la plupart des gens de l’Afrique. »

À cette fin, Pierre Kwenders sera en spectacle avec son groupe ce vendredi 6 février, au Harbourfront Centre, à Toronto, dans le cadre du festival Kuumba. Sous le thème de l’afro-futurisme, cette 20e édition du festival Kuumba fait partie de la série D’hier à aujourd’hui qui célèbre le Mois de l’histoire des Noirs.

Afin de souligner le Mois de l’histoire des Noirs, nous avons demandé à Pierre Kwenders de nous nommer cinq musiciens noirs qui l’ont particulièrement inspiré et de nous expliquer pourquoi. Allez voir son excellente liste ci-dessous.

Koffi Olomide : Pour la sensualité de sa musique.

Michael Jackson : À mon avis, le premier artiste « musique du monde ». Il a mélangé différents styles pour créer le sien.

Sade : Ma muse; j’écris pour elle.

Pharrell Williams : Un travailleur infatigable. Chaque année, il produit quelque chose de bon.

Fela Kuti : C’était un esprit libre qui est demeuré authentique jusqu’à la fin.