Elizabeth Shepherd, artiste en nomination aux JUNO nous parle d’amour et de jazz

février 11 2015

Originaire de Winnipeg, mais vivant à Montréal, Elizabeth Shepherd navigue avec naturel entre divers cercles musicaux. Cette pianiste et chanteuse, acclamée par la critique, qui a charmé les amateurs de jazz du monde entier dès le lancement de son premier album, Start To Move, en 2006, a su tout autant conquérir les passionnés de musique de danse soul et de hip-hop funky.

Cela dit, l’âme d’Elizabeth Shepherd, tout comme ses textes, ont des racines jazz.

« Je suis tombée amoureuse du jazz relativement tard, confie-t-elle à Musique TD. J’ai grandi un peu dans une bulle, je n’ai écouté que les fanfares de l’Armée du salut et de la musique classique jusqu’à tard dans mon adolescence. Quand je suis tombée sur le jazz, cela a pris un certain temps avant que ce style m’allume. Mais plus je découvrais cette musique, plus je l’aimais, à un point où il est devenu évident qu’il était impossible pour moi de revenir de la richesse harmonique et rythmique du vocabulaire jazz.

Je n’ai jamais choisi de faire du ‘jazz’, ajoute-t-elle. Il reste que la musique qui me touche le plus, c’est le jazz et ses ramifications, du blues du Delta au hip-hop, alors c’était sans doute inévitable que ma musique finisse par s’ancrer dans ce territoire. J’en suis venue à accepter que j’appartiens à la scène jazz, et je suis honorée de faire partie de cette lignée de musiciens. »

Thumb elizabeth shepherd large list

Bien que perçue comme une artiste qui fait connaître le jazz aux nouvelles générations d’amateurs de musique, Elizabeth Shepherd n’est pas une étrangère. Sa voix expressive, mariée à sa manière parfois subtile, parfois pleinement funky de jouer son instrument, lui a valu quatre mises en nomination aux JUNO. La plus récente étant celle du meilleur disque de jazz vocal de l’année 2015 pour son cinquième album studio, The Signal.

Lancé à l’automne dernier, The Signal est peut-être son disque le plus ambitieux à ce jour. D’une signature extrêmement personnelle, les paroles d’Elizabeth sont largement inspirées de la naissance de son premier enfant.

« Je ne me doutais pas que le fait de devenir mère allait transformer ma vie à ce point, de façon positive s’entend, et complètement changer mes idées sur à peu près tout », nous avoue-t-elle.

Dans The Signal, l’artiste épouse sa féminité, dans des textes exprimant franchement le regard que porte une femme sur le monde. Ces compositions sont des chants d’amour et de ténacité.

« En donnant naissance à une fille, j’ai pris conscience de l’absolue nécessité de nourrir la solidarité féminine, de se serrer les coudes, de montrer de la compassion les unes envers les autres, de s’entraider et de mentorer nos sœurs plus jeunes, explique Elizabeth. C’est ce qui a servi de point de départ à ce disque et c’est pourquoi j’y parle de nos sœurs, nos filles, nos mères, nos amours. Je voulais créer quelque chose dont ma fille puisse être fière – fière de moi en tant que femme, en tant que musicienne, en tant que mère. »

Au printemps prochain, Elizabeth Shepherd entamera une tournée de promotion de The Signal qui la conduira au Mexique, dans l’Ouest canadien et en Europe. D’ici là, elle continue de travailler à son projet montréalais multimédia, un recueil de chansons originales composées à partir d’entrevues faites au hasard dans les rues de Montréal et dans lesquelles elle demande à ses concitoyens de lui parler de leur relation avec la ville.

Elizabeth Shepherd et son groupe se produiront ce vendredi (13 février), dans le cadre du quatrième Festival de jazz d’hiver d’Ottawa TD. À l’occasion de la Saint-Valentin, Musique TD a demandé à Elizabeth de nous dire quelles paroles de chansons exprimaient le mieux l’amour à ses yeux. Les voici.


Cinq façons de dire « Je t’aime » en chanson

« Walk me to the corner, our steps will always rhyme », That’s No Way to Say Goodbye de Leonard Cohen

« Heaven can be yours just for now », All the Lovely Ladies de Gordon Lightfoot

« Took the time to touch, to share », Close Enough for Love de Tony Bennett

« I know the meaning of the words ‘ever after’ », Polka Dots and Moonbeams de John Denver

« There’s nothing quite as beautiful as your light », Silver and Fire de M. Craft